Aujourd’hui, nous partons pour un « road trip » à travers le Colorado, l’Arizona, et le Nouveau Mexique, sur les traces des Amérindiens. Nous nous intéresserons à la question de l’intégration des minorités aux Etats-Unis et en France.
Ayant, moins de 21 ans, nous ne pouvions pas louer de voiture aux Etats-Unis. Mais notre amie Candance a su nous sortir de cette mauvaise passe en nous prêtant son véhicule.
Quelques heures après voir quitté Durango, nous allumons la radio. Ni du chinois, ni du japonais, il s’agit bien de la langue Navajo. Nos 4 heures de routes seront rythmées par les intonations si particulières des chants Navajos.
La langue Navajo fut utilisée durant la seconde guerre mondiale pour coder les messages américains. Voici une petite vidéo pour vous initier au langage navajo


Notre première étape sera Kayenta, un lieu-dit de 5 000 âmes au nord ouest de l’Arizona, situé en plein cœur de la réserve indienne. Et, oui nous ne sommes plus réellement aux Etats-Unis. La Nation Navajo constitue un gouvernement indépendant depuis 1982.
Kayenta, Arizona.
La réserve Navajo se situe au carrefour de l'Arizona, du nouveau Mexique et de l'Utah.
La France possède un modèle d’intégration assez différent, en accord avec ses principes républicains et laïcs. L’Etat ne reconnaît pas de différences entre les individus de la société. Au contraire, les individus ont un devoir d’intégration et d’allégeance envers la République (apprentissage du Français). L’égalité républicaine organise la promotion des individus sur une base méritocratique (concours). Enfin, la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) fait de sphère publique et sphère privée deux entités bien distinctes. Ainsi les signes d’appartenance religieuse sont bannis des lieux publics.
Comment dire si tel système est meilleur que l’autre ? Chaque modèle connaît des limites. A Kayenta, 34 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Par ailleurs, les émeutes de Watts à Los Angeles en 1992 montrent le malaise de la société américaine.
Néanmoins, il ne faut pas fermer les yeux sur une réalité bien française cette fois-ci, à savoir le taux de chômage des jeunes dans certains quartiers qui frôle les 40 %. Les émeutes de 2005 annoncent-t-elle la faillite du modèle d’intégration à la française ?
Lundi 15 décembre, Kayenta, Arizona
Réveillés par les premiers rayons de soleil, nous reprenons la route vers le fabuleux site de Monument Valley, à seulement quelques miles au nord de Kayenta. La « Vallée des rocs » fut toujours considérée comme un lieu sacré pour les indiens Navajos. Aujourd’hui, les droits d’entrée du site reviennent directement au gouvernement de la réserve indienne.
Le Canyon de Chelly, situé plus au sud, connu comme étant le haut lieu de la résistance indienne face aux Espagnols, est lui aussi géré par les Navajos.
Nous continuons notre route en passant par les villes Ganado, Window Rock puis Gallup, la capitale économique de la réserve. C’est ici que nous passerons la nuit, éprouvés par les kilomètres parcourus.
Mardi 16 décembre, Gallup, Nouveau Mexique
Nous nous levons de bonne heure pour à l’aller découvrir le site de Culture Chaco. Mais la neige rend la route impraticable. Une seule solution s’offre à nous : rebrousser chemin et se diriger vers la ville de Sante Fe dans le Nouveau Mexique. Les conditions météo n’étant pas bonnes, le trajet nous prendra toute l'après-midi.
Mercredi 17 décembre, Santa-Fe Nouveau Mexique
Notre enquête sur les réserves indiennes se poursuit à Pueblo de Taos. Inscrit en 1992 au patrimoine mondial de l’Unesco, Pueblo de Taos est un village composé d’une cinquantaine de constructions en adobe. Il y a 1000 ans, les indiens Taos du Nouveau Mexique décident de se sédentariser dans cette zone. Aujourd’hui, un comité indien est en charge de la gestion du site.
Avant partir, nous rencontrons plusieurs indiens qui déblayent la neige qui a recouvert le site. Mais notre échange restera bref, la plupart de nos amis étant totalement souls.
A 15h30, nous reprenons la route pour Durango. Une tempête de neige bloque plusieurs routes de l’Etat. Nous sommes contraints d’emprunter un itinéraire bis, et de réaliser un important détour. A 23 heures, nous rejoignons Candance, rassurée de retrouver son véhicule… en bon état.