1) Voyage en terre maya.

Les Mayas forment l’une des principales civilisations méso-américaines. Parfois appelée Amérique moyenne par les archéologues, la région qu’ils occupaient est limitée au nord, par l’Altiplano mexicain, et au sud, par la péninsule costaricienne de Nicoya. Le découpage de cette région résulte plus d’une unité culturelle que géographique. Le territoire Maya s’étend actuellement sur plusieurs Etats : au Mexique, principalement dans les Etats de Quintana Roo, Chiapas et Yucatan, au Belize, au Honduras, et plus marginalement au Salvador.


Cette civilisation brille autant par son unité que par sa diversité. Malgré le fait que les tribus mayas se composent de différentes peuplades aux langues diverses, il n’en demeure pas moins que tous ces groupes partagent de puissants traits communs ; rituels religieux, écriture, construction de pyramides, calendriers, sacrifices humains, jeu de pelote, etc.

Les archéologues identifient trois périodes majeures dans l’histoire des Mayas : l’ère préclassique (environ 1800 av. JC à 250 de notre ère), l’ère classique (entre 250 et 800 de notre ère), et enfin l’ère postclassique (de 800 à la conquête espagnole).

C’est durant la période préclassique qu’apparaissent les premiers ensembles architecturaux mayas, notamment à Kamilnajuyu situé dans les hautes terres guatémaltèques, et dans le nord du Yucatan. C’est durant cette période que vont se développer les méthodes de construction des pyramides à degrés, dans le style de l’architecture religieuse mésoaméricaine. On y trouve aussi les premiers signes d’une écriture dont découlent les hiéroglyphes de la période classique.

La période préclassique correspond à l’essor de la civilisation maya. Elle se distingue par le développement de l’écriture sous forme d’inscriptions hiéroglyphiques inscrites sur des stèles. Ces inscriptions font références à des événements cycliques qui inspirent le calendrier maya. Ces stèles sont le plus souvent présentes aux abords de pyramides à degrés construites grâce à la technique de la voûte en encorbellement. La plus ancienne de ces stèles fut retrouvée à Tikal au Guatemala.

La période classique à vue apparaitre l’apogée de la civilisation Maya. C’est dans les forêts tropicales pluvieuses du Chiapas et du Guatemala, et dans le Yucatan que cette civilisation a laissé ses plus belles traces ; Palenque, Uxmal, Chichen Itza, Bonompak ou encore Yaxchilan. On estime que l’âge d’or de la civilisation Maya se situe aux alentours de l’an 600. La forte démographie, l’hégémonie culturelle, la recherche esthétique dans l’architecture, et le développement des connaissances scientifiques traduisent le fort dynamisme de cette période. Selon Carmen Bernand, durant période, plus de 5 millions de Mayas vivaient dans les basses terres mésoaméricaines.

Cependant, vers 900 la civilisation maya va brusquement se disloquer. Les cités vont rapidement se vider, on cesse de graver des stèles, de construire des édifices religieux, et la population rurale va brutalement chuter. Les causes de cette décadence sont encore méconnues. Plusieurs théories tentent d’expliquer cette violente décadence. On parle de conflits entre cités, de catastrophe naturelle, d’érosion du sol due à une trop forte population, ou encore de révoltes paysannes contre les grands seigneurs. Cependant, toutes ces théories ont été démenties par les faits. Les études hydrométriques et sismiques n’ont démontré aucune perturbation majeure, ce qui semble infirmer la thèse de la catastrophe naturelle. Et aucun charnier n’a été retrouvé, ce qui rend caduque toute thèse qui se fonde sur des morts massives (guerre, épidémie, etc.).

L’ère postclassique représente la période d’hégémonie de la cité de Chichen Itza et le développement du culte, plus mexicain que maya, du serpent à plume, Quetzalcóatl. Ce dernier est adoré au même titre que la divinité de la pluie Maya. Cette ère s’identifie aussi par un certain mélange des « genres ». La civilisation Maya subit l’influence de la civilisation mexicaine des Toltèques. Chichen Itza est le site qui symbolise le mieux cette nouvelle organisation politique et religieuse, après qu’elle fut conquise par les Toltèques. On y trouve des représentations issues du Mexique central comme l’aigle ou le jaguar. Vers 1250, la cité de Mayapan remplace Chichen Itza dans son rôle hégémonique. Cette période de guerre quasi permanente est perçue comme fortement décadente, car à la recherche artistique se substitue la recherche de l’efficacité militaire. Les rivalités aristocratiques liées aux lignages vont atomiser et finir de diviser les Mayas.

A leur arrivée, les espagnoles ne rencontreront que de petits Etats éparses. Néanmoins ces derniers seront, par la suite, tout à fait prêts à leur opposer une résistance acharnée. Bien plus que les batailles entre colons et indiens, les épidémies importées d’Europe par les conquistadors auront été la véritable cause de destructions des Mayas. Au XVIe siècle, une violente épidémie aurait décimé 90% des Mayas vivant au Yucatan.

Aujourd’hui, des tribus Mayas vivent toujours dans les Etats du Chiapas et du Yucatan, ou encore au Guatemala. Elles parlent pour la plupart des dialectes proche de la langue de leurs ancêtres.

Les villes Mayas sont construites autour de temples et de palais en pierre. La plus grande de ces villes fut Tikal au Guatemala. Cependant, les grands centres urbains semblent être consacrés à la célébration des cérémonies religieuses, y résidaient exclusivement les notables et les prêtres. Les paysans résidaient dans la périphérie directe des grands centres. Malgré le fait qu’une telle organisation sociale semble allée de pair avec un niveau de maîtrise technique élevé, les mayas n’utilisaient pas la roue ou la traction animale que ce soit pour l’agriculture ou la construction d’édifices. La période classique correspond à ce qui se fait de plus sophistiqué dans l’élaboration des monuments. Les Mayas décoraient leurs monuments avec des fresques très détaillées. Aujourd’hui, presqu’aucune de ces œuvres ne subsistent. Les mieux conservées sont indéniablement celles de Bonompak. Les Mayas excellaient aussi dans la sculpture de petits objets en jade, en obsidienne ou encore en coquillage.

L’écriture Maya est la plus développée du monde précolombien. Elle se compose à la fois d’idéogrammes et de phonogrammes. Grâce à la traduction de certains codex, nous savons aujourd’hui que les Mayas disposaient d’une connaissance très poussée de l’astronomie. Ils pouvaient prévoir les éclipses solaires qu’ils interprétaient comme un phénomène divin.

Le panthéon Maya se compose de nombreuses divinités. Les plus représentées sont le dieu de la pluie Chac, le dieu solaire symbolisé par un jaguar, ou encore le dieu du maïs. La religion Maya présente les dieux comme des êtres dont la soif de sang est inextinguible. Pour cela, les Mayas avaient recours aux sacrifices humains. Les guerres avaient pour principal but de faire des prisonniers qui seraient offert en sacrifice aux dieux.
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2) Bienvenue au pays de l'Inca
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Salut les élèves de 2nde 2!
Aujourd’hui, nous allons découvrir ensemble un nouveau peuple d’Amérique précolombienne : les Incas.
A son apogée, l’Empire inca comptait plus de huit millions de sujets qui vivaient sur un territoire compris entre le nord du Pérou, et le sud du Chili.
L’Empire se nommait Tahuantinsuyu, « les 4 directions » en quechua, langue des Incas. Il avait pour capitale Cuzco, ce qui signifie « le nombril ». C’est dire l’estime qu’ils devaient avoir d’eux même !
Le terme inca désigne conjointement le peuple des Incas, et le souverain de Tahuantinsuyu.
On pense que l’émergence de cet empire a débuté aux alentours de 1100 après J.C. Parmi les nombreuses tribus qui guerroient pour asseoir leur domination, celle des Incas commence à prendre le dessus. Il aura simplement fallu aux Incas deux siècles pour fonder leur empire !
L’organisation de l’Etat inca reste encore aujourd’hui un modèle d’efficacité. Au gré des conquêtes, les Incas n’hésitaient pas à déporter les tribus vaincues vers des terres pacifiées pour atténuer leur esprit de revanche. On appelait ce système le mitimaes.
Les enfants appartenant à la noblesse des tribus conquises étaient envoyés à Cusco afin de s’imprégner de la culture inca. De plus, des instituteurs étaient dépêchés dans les provinces nouvellement conquises afin d’y instaurer le quechua comme langue usuelle.
Sur le plan religieux, les Incas étaient des adorateurs du Dieu soleil. Son culte était obligatoire dans tout l’Empire ! Nous vous conseillons de voir ou de lire l’excellent Tintin et le Temple du soleil, pour vous figurer tout ça !
Au niveau politique, l’Inca (le chef de l’Empire) était tout puissant. On le considérait comme un dieu vivant, un peu comme le pharaon en Egypte ancienne. Ses sujets devaient constamment se prosterner devant lui, et ne pouvaient pas lui adresser directement la parole. Le chef de l’Empire se déplaçait dans une litière d’or et d’argent escortée par de nombreux soldats.
Pour assurer sa descendance, l’Inca devait épouser sa sœur. Imaginez tous les problèmes de consanguinité que cette pratique impliquait ! Néanmoins, il entretenait de nombreuses concubines chargées de lui donner une descendance qui formerait la caste supérieure du régime.
Ainsi, la noblesse de Tahuantinsuyu se composait, en premier lieu, des membres mâles de la famille de l’Inca. Le clergé jouait lui aussi un rôle crucial dans l’administration de la cité. Avec à leur tête les grands prêtres du soleil, les ecclésiastes incas étaient tous exemptés d’impôts et vivaient entretenus par le peuple.
Dans le domaine social, les Incas avaient mis en place un système très évolué de répartition des terres. Le chef de l’Empire répartissait les terres entres ses sujets. Ceux-ci devaient diviser les récoltes en trois parties : une pour l’Inca, une pour l’agriculteur et sa famille, et la dernière part revenait à la collectivité (soutient aux plus pauvres, réserves en cas de famine…).
Le territoire inca étant situé, en majeure partie, sur la cordillère des Andes, il a fallu adapter l’agriculture au relief. Les Incas ont donc développé un ingénieux système de culture en terrasse qui leur permit de pratiquer l’agriculture à plus de 2000 mètres d’altitude. On y cultivait notamment le maïs et la pomme de terre (originaire du Pérou). Comme pour les Mayas, la chasse, la pêche et la cueillette ne venaient que compléter l’alimentation de base.
Bien des aspects de la culture inca nous font penser aux Mayas. Par exemple, les Incas étaient extrêmement superstitieux. Ils vénéraient la Terre-Mère qu’ils nommaient Pacha Mama, et considéraient les rivières ou les montagnes comme des divinités. Ils pratiquaient les sacrifices humains, cependant de manière plus restreinte.
La chute de l’Empire inca sera, dans une certaine mesure, aussi rapide que sa fondation. En 1527, le conquistador Francisco Pizarro débarque pour la première fois en Amérique du sud. Quelques années plus tard, aidé de quelques centaines d’hommes, il met fin à l’Empire inca et parachève la colonisation du Pérou.
Peu de temps après, l’afflux d’Européens, de Noirs et d’Asiatiques va donner lieu à une nouvelle classe ethnique : les métisses. Les Péruviens actuels sont les descendants des colons et des divers groupes ethniques présents au Pérou.
Les Européens ont mis brutalement fin au culte du soleil, et ont imposé le catholicisme par le biais des missionnaires, c'est-à-dire des hommes d’église chargés de convertir des populations.
La fin de la période inca vit l’avènement de l’ère coloniale dans ce que nous allons appeler l’Amérique latine.
Alors à votre avis, comment 200 hommes ont-ils pu venir à bout de tout un Empire ?!